De la peur


De la peur…

 

Durant des milliers d’années, l’homme a lutté pour sa survie, et il se peut que nous ne soyons aujourd’hui pas si éloignés que cela de notre ancêtre le chimpanzé, qui, pour survivre, tue les autres espèces de singes et mène des guerres de territoire sanglantes. Il lutte au nom de la conservation de son unique espèce…

 

Et c’est souvent de cette façon que nous traitons celui qui ne pense pas comme nous.
Mais il se peut que nous ne luttions que contre nous-même !
En nous comparant aux autres, en luttant pour Notre réalité, nous rejetons notre nature vaste et ordinaire, faisant face à l’adversité au lieu d’en faire une ressource.

 

La peur domine, surtout celle de ne pas exister face aux autres. Elle forclos la pensée, l’être, l’amour…

 

Cette histoire est devenue celle d’une violence quotidienne, où nous nourrissons l’idée que le monde va mal, que les gens sont inadéquats, que leur façon de faire, d’être, est inappropriée. Et au nom de cette croyance, notre monde se déchire, glorifiant un passé parcouru au glaive, au bouclier, à la mitraillette que dis-je, au napalm !

 

Nous faut-il gagner des batailles, écraser la différence pour nous sentir plus vivants ?

 

Nous sommes la vie détournée en bibliothèques de savoir auto-subversif. Voici comment on pirate sa propre liberté, comment on se condamne à l’enfer-me-ment (l’enfer qui ment) : chaque fois que nous faisons le choix de nous confirmer plutôt que d’ouvrir la porte à la nouveauté, à l’expérience de l’inconnu, à l’autre, en tant que perfection.

 

Ainsi naÎt la guerre…

 

Pourtant, nous avons accès à la sagesse, et il y a des anciens dont on peut parfois respirer le bon sens !

Ma mémé « Salvatrice » disait :

« Ne te crois pas, hein, ne te crois pas ! »

Ne pas se croire ! Cela me semble si évident aujourd’hui !
Mais voilà, si nous cessions de nous croire, que resterait t-il à mettre en scène ? Qui serions-nous alors, sans nos victoires sur nous-même et sur les autres ?

 

Peut-être est-il temps de tomber les masques derrière lesquels nous écrivons une histoire aveugle ?

 

Il se peut, que le monde que nous vivons soit notre mensonge, notre usurpation à nous, notre propre politique de l’autocratie, nos propres guerres, notre propre haine de nous-même !

 

Pour ma part, je demande Pardon, pour mon insolence, car il m’arrive d’être faible de ce courage qu’il faut pour s’aimer soi-même et qui fait que l’autre peut exister sans que j’en attende quoi que ce soit !

 

Si aujourd’hui la clarté semble incomparable, je me demande pourtant, que sais-je de la vision ? Si ce n’est l’étroitesse de mes prismes ?

 

Nous bâtissons l’avenir de nôtre monde sur l’édifice de nos croyances, de nos certitudes, qui ne laissent que peut de place aux aveux d’ignorance.
Que savons-nous des miroirs que nous regardons en chacun ?

 

Soyons assurés que tout ira pour le mieux dans le meilleur de ce que nous choisissons de regarder, jour après jour…

 

Semez, récoltez !
Il se peut que ce soit aussi simple que cela…

 

Ce Monde est celui que nous créons, il est notre responsabilité.

 

Mélissa, Février 2019