Ajuster son bâton

J’ai un bateleur à la maison…
Cette force d’action qui fuse dans tous les sens me rappelle au non choix.

Le non choix d’un père…

Je me souviens d’une colère, noire, monstre,
car j’ai besoin de L’entendre ; et le silence est le seul moyen que j’ai.

Il est indispensable à la pénétration du sacré…

Je suis prête, et déjà sur le chemin intérieur.
Parfois, la sensation que le petit Pan à mes côtés m’empêche
d’écouter,
de dormir,
de reposer,
de m’habiter…

Elle…
Ou moi, je ne sais pas.

Dois-je donner un contenant plus dense pour que le sens émerge ?

Soupir.
Le souffle ne passe pas au bon endroit.
Je dois ajuster ma baguette,
pour que la lumière atteigne le centre,
éclaire le juste lieu.

Comment utiliser mieux mes talents pour orienter cette lumière ?
Que n’ai-je pas accepté de cette force première ?

Mon immobilisme confrontant mon et son instabilité…
“Silence, Ecoute!” sont-ils les seuls atouts que j’ai dans ma manche ?

Petite bateleuse, tu me pousse déjà dans les bras d’une Papesse, que je n’ai fait qu’ignorer.
Laisse moi le temps d’avaler les étapes, car trop je soupire de devoir aller si vite.

L’heure te bat,
elle pousse,
te pousse.

Enfant parfaite,
Chaos indomptable.
Moi mère,
Enfant qui a grandit.
Fait grandir …

Oh bateleur,
ouvre moi la voie,
car il me faut transmettre ce trésor fraîchement découvert ;

Lui : “L’Art est le seul moyen.”
Moi : “Qu’il en soit ainsi.”

 

Mélissa