Du conditionnement du féminin et du masculin

Si vous ne savez pas qui vous êtes,
Sachez au moins d’où vous venez…

Un jour, mon père est venu chez moi et il a remarqué mon autel dans un coin…

Dessus, une représentation de Marie, une autre de Mâ Ananda Moyî et puis un cadre avec la photo d’Amma.

Il a laissé tomber :
“Il n’y a que des femmes ! ”

… Peut-être a cet instant a t-il pensé que je n’honorais pas en moi le masculin, que je faisais partie de ces femmes qui luttent pour l’égalité des sexes et qui pensent que les hommes sont mauvais…

En réalité, j’aurai aimé lui dire que je n’exclue absolument pas les hommes.

Mais, je déplore par contre l’avidité du masculin régit par la peur de sa finitude et de son impuissance devant l’Univers, qui prend, à chaque naissance, le visage d’un vagin…

Parce que le monde dans lequel nous vivons nous semble injuste, rude et violent, nous avons érigé des barrières, des protections, conçu des prisons pour y enfermer la douleur, des abattoirs pour y cacher la laideur, des maisons à vieux pour y laisser mourir nos peurs…

Qu’avons nous accueilli ? Qu’avons nous accepté de la nature, si belle, si généreuse, mais aussi si sauvage et si crue ?

Nous avons voulu des vies qui ne fassent pas mal et pour nous protéger de la vérité, de la violence du vivant, nous tentons en vain et contre tout d’éradiquer la mort de dessous nos yeux.

Tel l’homme qui, par amour pour la femme puissante puisque féconde, l’a voulue vierge, intouchable, et le monde à son image, prolifique…

Mais j’ai appris de certains beaux hommes…

Certains maîtres et artistes ont grandement inspiré en moi la clarté.
Et s’ils sont des hommes, avec tout ce que cela comporte comme difficulté, dans une société où porter une paire de couilles fait de vous un agresseur et un destructeur en puissance, ils ont pourtant su exploré le féminin en eux au point d’assumer et d’honorer leur sensibilité et de revendiquer l’Amour comme unique réalité de leur âme.
Au delà du genre, ils ont mis au monde une poésie, qui les délivre de l’agonie d’un masculin possessif et abusif qui se pense INCOMPLET…

J’aime ces hommes parce qu’ils agissent sans interêt personnel, et je les admire parce qu’ils ont fait de l’espace de création, une capacité à ovuler.
Ils ont su généré dans leur intériorité un espace vivant qui fait d’eux des êtres entiers, qui n’ont rien à envier, à voler, aux femmes ou au mystère de notre Univers qui nous dépasse tous …

Que l’on soit un homme ou une femme, nous avons tous en nous la capacité de créer ou de détruire, de recevoir ou de repousser, d’ingérer, d’intégrer, ou d’expulser, de refuser…

Là d’où je viens, il fallait être forte.
Peut être pour palier au fait d’être femme.
Toute mon enfance a été taillée dans l’amour et la rudesse d’un père qui avait peur pour moi…
J’ai été forte, dès mon plus jeune âge, avant même d’être une petite fille.
Je n’ai jamais eu le temps de grandir.
J’ai été grande, à l’instant où je suis née avec un sexe ouvert…

Il en va de même pour toutes les autres femmes de ce monde.

Là d’où je regarde aujourd’hui, je commence à comprendre qui je suis.

Et à toutes celles et ceux qui se posent encore la question de qui ils sont, j’aimerai vous inviter à regarder d’où vous venez.

Car cela est la matrice, le moule qui a conditionné votre vision du monde et de l’amour, et il est temps d’en sortir.

De nous défaire du pire comme du meilleur, des croyances, des dogmes religieux, des traditions… au profit de ce qui est juste et bon pour nous…

Car c’est en faisant ce choix de nous reconnaître libres, hommes ou femmes, des jugements pré-établis et hérités des âges les plus anciens, que nous donnons ensemble naissance à un nouveau monde…

Hommes ou femmes, grands ou petits, noir ou blanc, riches ou pauvres, animaux ou végétaux, morts ou vivants, nous sommes à cette Terre.

Et le mystère ne nous appartient pas plus.

Puissions-nous le reconnaître…

 

Mélissa